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Somaroho, le festival du Salegy

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Somaroho, le festival du Salegy

Sômarôho est aujourd’hui un festival incontournable à Madagascar. Le sens profond de son nom signifie « vivre la vie en toute liberté sans déranger celle des autres ». Dans cet esprit, il se tient chaque année à Nosy Be pour faire connaître la musique malgache sur la scène internationale. Pendant 5 jours et 4 nuits, l’île au parfum est enivrée de musique, de danse et de partage. Découvrez ce que ce fameux évènement a de si particulier.

Tout a commencé avec le Salegy

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C’est une musique traditionnelle malagasy originaire des régions côtières tout le long du Canal de Mozambique. Aux temps anciens, il accompagnait les Tsimihety et les Sakalava pendant le « Joro », un rituel de sacrifice de zébu pour demander les faveurs des ancêtres et du Zanahary, le Dieu ancestral des Malgaches.

Le Salegy a depuis été répandu dans toute la grande île et importé à l’international par Jaojaoby Eusèbe, connu comme étant le Roi du Salegy. Sa cadence était plus lente à ses débuts, semblable à un mélange entre les airs caribéens et la mélodie des guitares du Soweto. Au-delà du genre musical, le Salegy est aussi devenu une danse rythmée emblématique à Madagascar. Aujourd’hui rendu populaire, il s’est modernisé et se tourne vers des publics plus jeunes. Une reconversion réussie dont un des ténors est le chanteur Wawa.

Le Prince Wawa

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Né à Nosy Be, Andrihamahazo Joël Issoubaly dit Wawa, a fait du Salegy LA musique de fête par excellence à Madagascar. Le tempo a été accéléré et l’agencement des accordéons, guitare électrique, kabosy (le ukulélé malgache), batteries et djembé transcendent les Malagasy sur son rythme effréné. Fils de menuisier, Wawa a commencé sa carrière comme batteur avant de continuer sa carrière en solo. On peut dire à juste titre qu’il a définitivement le rythme dans la peau. Avec son groupe, il remporte au fil des années un énorme succès à travers la grande île et devient l’un des rares artistes malgaches à réaliser plus de 170 prestations sur tout le territoire, sans compter ses tournées à l’étranger. Ce qui lui vaut son titre de Prince du Salegy.

Un anniversaire à succès

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Depuis ses débuts, Wawa performe immanquablement à Nosy Be chaque année au mois d’Août. D’abord pour honorer sa ville natale, mais aussi pour fêter annuellement la création de son groupe. Passionné et véritable showman, le salegyman ambitionne « d’avancer et de porter de plus en plus haut le flambeau malgache grâce à la musique ». De cette tradition et de cette volonté est donc née la 1ère édition du festival Sômarôho. Cet évènement a depuis réuni des artistes malgaches et internationales de tout genre : le Salegy bien sûr, mais aussi la Pop, l’Afropop, l’Afrobeat, le Reggae, le Makoussa, le Coupé décalé, le R&B, etc. L’énorme travail fourni, la crédibilité, le professionnalisme et surtout l’ambiance de folie sont autant de facteurs qui ont érigé le festival Sômarôho à sa renommée actuelle. En 2018, l’évènement fêtait en même temps sa 5e édition et le 15e anniversaire du groupe.

Que la fête commence

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Pendant 5 jours et 4 nuits, c’est l’euphorie à Nosy Be. Généralement programmé vers la première semaine du mois d’Août, le festival commence un jeudi pour se terminer le lundi suivant. Tout d’abord, il est ouvert par un carnaval qui mobilise toutes sortes d’associations de jeunes, de coopératives, et d’associations de femmes, etc. Les participants arpentent les rues de Hell-Ville, arborant des tenues traditionnelles ou des créations multicolores des plus loufoques aux plus travaillées, des danses et des chorégraphies endiablées, afin de rejoindre le stade municipal d’Ambodivoanio. Ce dernier accueille l’évènement chaque année avec une capacité d’environ 50 000 personnes. Depuis, Wawa a été surnommé le « Konka » d’Ambodivoanio, signifiant « maître ».

Somaroho, le festival du Salegy

Par ailleurs, le festival invite environ une vingtaine d’artistes de tous les horizons, un véritable melting pot de talent. Parmi les locaux, les plus grands noms comme le Roi du Salegy Jaojaoby sont de la fête. On peut aussi citer entre autres Big MJ, Tence Mena, Shyn, Ny Ainga, Stephanie, Rak Roots, Lico Kininike et bien d’autres, chacun venant d’un univers musical différent. Le festival constitue aussi un tremplin inédit pour promouvoir et découvrir les nouveaux artistes malgaches qui y trouvent l’occasion de performer devant un public plus large.

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Chez les internationaux, il a compté parmi ses invités le Franco-Congolais Singuila, le Togolais Toofan, le Mahorais Bacoili, la Française d’origine portugaise Luyanna avec qui Wawa a sorti un single, Serge Beynaud qui est un des grands noms du coupé décalé Ivoirien, la Camerounaise Daphne qui a inondé les ondes et boites de nuit internationales avec son tube « Calée » ou encore le Tanzanien, Diamond Platnumz, dont la collaboration avec Ne-Yo sur le titre « Marry You » est dansée à tous les mariages. Le Prince du Salegy lui clôture l’évènement, enflammant le stade jusqu’au matin.

Moringue nosy be

En outre, Sômarôho, c’est aussi une rencontre sportive et culturelle : élection de Miss et Mister, moraingy, pétanque, foot, tombola, jeux concours, etc. Le tournoi de basket-ball a pris au fil du temps une dimension particulière durant le festival. À l’instar des musiciens, les équipes venant des 4 coins de l’île y sont présentes après un tournoi de qualification, ainsi que ceux de l’ile Maurice et de La Réunion.

Malgré sa jeunesse, c’est peu dire que Sômarôho a aujourd’hui affirmé sa position parmi les rendez-vous à ne pas rater de la grande île. Il est à la fois une découverte musicale, une expérience culturelle, une manifestation sportive et un charme touristique.

Plus que de la musique

Vous conviendrez qu’un aussi grand évènement a un impact significatif sur Nosy Be, et par extension sur tout Madagascar. À titre d’exemple, les recettes de la compétition de basket-ball ont été allouées à l’Hôpital de la ville, au Lycée de Nosy Be, ou pour rénover le stade d’Ambodivoanio, un lieu de loisir pour les jeunes le reste de l’année. Rajoutons à cela les retombées économiques pour les locaux grâce à l’afflux des visiteurs. Nosy Be est devenu une destination touristique presque « complète ».

Au-delà de ses plages paradisiaques, de sa richesse naturelle aussi bien marine que terrestre, elle a aujourd’hui ajouté une dimension culturelle qui fait d’elle une destination phare à Madagascar. En effet, l’ambiance, la fête et la fierté qu’inspire l’évènement ont réveillé les jeunes malgaches des quatre coins de l’île. Malgré la vie dure, de Diego à Tuléar et de Majunga à Tamatave en passant par la capitale, ils rêvent tous de l’expérience. Eh oui ! Nosy Be, ce n’est pas la porte à côté pour les Malgaches. Sinon pour ceux qui ont les moyens, Sômarôho a assurément contribué à l’explosion du tourisme local.

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Pour cette année, la 6e édition, Sômarôho se déroulera du 1er au 5 Août 2019. Le Tanzanien Diamond Platnumz est sûr de refaire partie du festival. Le reste de l’affiche n’est pas encore dévoilé. Nous vous tiendrons au courant le moment venu. Une approche particulière c’est que Wawa choisit les artistes invités en fonction de l’avis de ses fans sur Facebook grâce à un sondage. Si ça, ce n’est pas cool !!!

Sômarôho ou « vivre la vie en toute liberté sans déranger celle des autres » prend donc tout son sens : un partage, une fierté, une affirmation de soi. Une digne illustration de l’essence même de Madagascar : l’unité au sein d’une diversité culturelle. Bref, si ça vous branche, quelques conseils de notre part pourraient peut-être vous servir.

Quelques Tips… non exhaustifs

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Il va sans dire que si vous souffrez d’hyperacousie ou d’ochmophobie, ce genre d’évènement n’est pas pour vous. Il est plus dirigé vers des personnes qui désirent avoir une expérience réelle au cœur des locaux, férus d’aventures et de fun. Ceux qui veulent découvrir la population et la musique malgache pendant leur passage, expérimenter la fête malgache autrement que dans les cohues des boîtes de nuit malfamées, un tantinet amateur de musique (mais pas obligatoirement), Sômarôho a définitivement l’air et la chanson de la culture malgache. Nous avons réfléchi sur la question et sommes arrivés aux quelques notes suivantes :

  • Sômarôho est surtout connu pour son ambiance générale sûre. Depuis sa création, le festival s’est toujours déroulé sans incident et les autorités de la ville déploient beaucoup de moyens afin de garantir la sécurité de tout le monde. Il y aura forcément de la foule, mais on est loin d’un Woodstock. Par contre, si vous cherchez la bagarre, c’est à vos risques et périls.
  • Toutes les précautions générales d’un voyage vers des pays comme Madagascar sont bien évidemment maintenues. Laissez vos objets de valeurs à l’hôtel, les endroits animés sont susceptibles de cacher des pickpockets comme partout dans le monde. Pas la peine de vous faire remarquer et étaler vos « richesses » sous les yeux de tout le monde, ce n’est pas le bon endroit. Évitez les glaçons et nourritures pas cuites si vous avez l’estomac fragile, munissez-vous d’assez de monnaie locale, etc.
  • Réservez vos hôtels ou places bien à l’avance, car le mois d’Août est la haute saison des vacances tant pour les touristes étrangers que nationaux. L’île aux parfums est une destination très prisée de surcroît. Pour les petits budgets, certains hôtels ou guest-houses offrent des tarifs spéciaux lors d’évènements de ce genre.
  • La nourriture ne manque pas lors d’évènements de ce type. Il y aura surtout beaucoup de grillades : viande, poulet, fruits de mer ou fritures accompagnés de crudités. Pour référence, une bière, une bouteille de coca ou de l’eau minérale coûte environ entre 2 000 à 5 000 Ar. Différents rhums : blancs, ambrés, arrangés avec du gingembre, vanille ou autres parfums sont aussi accessibles pour vous réchauffer. Consommez avec modération, on ne le répètera jamais assez.
  • Malheureusement, une réalité est que Nosy Be connait le fléau du tourisme sexuel. Ce dernier est puni par la loi malgache et passible d’emprisonnement. En outre, il est parfois difficile de déterminer de visu l’âge réel des Malgaches. Il est donc fort probable que vous tombiez sur des mineurs. Le maître mot est de se respecter soi-même et respecter le pays, ses lois et ses habitants. Pour vous aider sur les bonnes pratiques, une ONG française, ECPAT, a récemment sorti un guide du voyageur responsable à Madagascar. Il est téléchargeable sur internet et s’adresse à tout type de voyageurs, nationaux ou étrangers.
  • Si vous avez peur de comment vous serez reçu, référez-vous à notre article sur la population malagasy. Les locaux sont hospitaliers et apprécieront beaucoup que vous vous intéressiez à leur culture.
  • Lorsque vous êtes dans l’ambiance et que l’envie vous prend de suivre le rythme, le Salegy est une danse en lui-même. Vous pouvez commencer au niveau débutant par taper des mains en suivant le rythme. Au niveau intermédiaire, repérez le « fôlaka », la partie de la musique localisée généralement à l’interlude (après 2 refrains et 2 couplets). Le rythme s’accélère, vous aurez l’impression que les musiciens jouent un autre morceau et ils ont en plus la propension à étendre l’improvisation dessus. Ce sera le signal qui vous dit qu’il faut commencer à vous déhancher. Niveau expert, tournoyez la tête de gauche à droite, de bas en haut et dans tous les sens pendant le fôlaka. Comme expliqué précédemment, le Salegy étant né des traditions anciennes, les danses en sont donc directement inspirées en mimiquant entre autres les cultes de possession. Sinon, si vous ne voulez pas vous prendre la tête, mettez-vous au diapason sur ce que font les danseurs sur scène ou sur les mouvements des Malgaches autour de vous. 
  • Pour vous donner un aperçu du genre, voici quelques titres les plus connus qui vous donneront le « La » à Sômarôho. Ils vous inspireront peut-être : Jaojoby – Mangala vaiavy ; Wawa – 400 Volts ; Stéphanie – Dontsiky ; Big Mj – Na Lingui Yo ; Tence Mena – Sitrany Solo ; Dalvis – Tô ;  Serge Beynaud – Kota na Koto ; Martiora Freedom – Hafahafa ; Vaiavy Chila – Tsy ambelako Ampirafy Anao ; Shyn – Resim-pitia.
  • Enfin, quand le Prince du Salegy Wawa monte sur scène, il a une habitude singulière de haranguer la foule à rester jusqu’au lendemain matin vers 10 h, allant même jusqu’à faire fermer les portails du stade. Ambiance oblige. Si vous avez un vol le lendemain ou un programme tout fait, vous êtes prévenu !
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